Il semble que les astres s'alignent enfin favorablement et que certains québécois pourront bientôt se targuer de rouler plus «vert», plus «Zenn» quoi. Alors que le fabricant québécois Zenn Motor Company vend uniquement aux États-Unis actuellement, tout indique qu'il pourra enfin distribuer quelques exemplaires de ses véhicules au Québec. Grâce à notre règlementation un peu tordue, tout ce qui entoure la mise en circulation de véhicules à basse vitesse est problématique. En fait, c'est la cohabitation de ce type de véhicule avec les modèles traditionnels qui pose problème. La Zenn (Zero Emission No Noise) ne dépasse pas les 40 km/h. Ce n'est pas vite, mais tout à fait suffisant pour circuler en ville où la vitesse moyenne réelle est en deçà des 10km/h. Tout le monde le sait, le vélo est actuellement le véhicule le plus rapide en ville (mais c'est salissant, forçant, individuel, pas pratique, etc.). Donc comme le véhicule n'est pas rapide (8km/h de plus qu'un vélo électrique) il n'est pas assujetti aux mêmes règles de sécurité. Dans la Gazette du Canada on peut lire :
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(...) GIVEN THE FACT THAT LOW SPEED VEHICULE (LSV) HAVE NO SAFETY PERFORMANCE REQUIREMENTS, OCCUPANT SAFETY WOULD BE COMPROMISED IF THEY WERE TO TRAVEL IN MIXED TRAFFIC WITH OTHER FULL-SIZE PASSENGER VEHICLES (...)
Bref, Zenn Motor Company n'a pas à répondre aux même critères de sécurité lorsqu'elle construit ses Zenn que Toyota lorsqu'elle construit ses Yaris. Si on poursuit dans cette logique, pour pouvoir espérer avoir accès à ces véhicules à Montréal, il nous faudrait donc soit interdire la circulation des véhicules conventionnels dans nos villes au profit des nouveaux VBV (Véhicules à Basse Vitesse), soit sur-équiper (plus lourd, plus cher) les VBV pour les rendre similaires aux véhicules conventionnels.

Espoir à l'horizon, la ministre du transport, madame Julie Boulet, a annoncé le 17 juin dernier, la mise sur pied d’un projet pilote sur l’utilisation des VBV. Le projet, d’une durée de trois ans et qui pourra être reconduit pour deux autres années, s’étendra à la grandeur du Québec.
Voici le communiqué de presse du projet pilote :
Buts visés par le projet pilote et durée
- Expérimenter l’usage des VBV sur certains chemins publics
- Élaborer des règles de circulation sécuritaires
- Établir des normes en matière d’équipement de sécurité pour les VBV
- Durée maximale de 3 ans avec possibilité de le reconduire pour 2 ans
- Circulation permise à l’année
Véhicules autorisés
Équipement requis
- Feux de jour ou phares allumés
- Panneau de marche lente et panneau indicateur de vitesse maximale
- Odomètre
- Indicateur de vitesse
- Essuie-glaces
- Avertisseurs sonores (klaxon et klaxon de proximité)
- Plaque d’avertissement sur le tableau de bord
- Dégivrage-chauffage
- Pneus d’hiver en saison hivernale
- Ceinture de sécurité de type 2 (en trois points)
- Numéro d’identification du véhicule à 17 positions
Règles de circulation
- Respect des dispositions du Code de la sécurité routière
- Circulation sur les chemins publics où la limite de vitesse maximale est de 50 km/h
- Interdiction de circuler sur les chemins à accès limité (ex. : autoroutes), leurs voies d’entrée ou de sortie (bretelles)
- Obligation de circuler sur la voie de droite, sauf pour effectuer un virage à gauche (signaler intention sur une distance suffisante, s’assurer que la manœuvre est sécuritaire)
- Autorisation de traverser les chemins où la vitesse permise est de plus de 50 km/h et aux endroits où ils sont contrôlés par des feux de circulation, des panneaux d’arrêt ou un carrefour giratoire
- Interdiction de monter les pentes de 15 % ou plus
Permis/immatriculation
- Permis de conduire de classe 5 (véhicules de promenade)
- Immatriculation du véhicule avec une plaque à circulation restreinte (plaque C)
Utilisateurs
- Signeront une déclaration et respecteront leurs obligations
- Fourniront des données (ex. : kilomètres parcourus, accidents, incidents, etc.)
Fabricants/vendeurs
- Informeront les clients des principaux paramètres du projet pilote
- Vendeurs : doivent être titulaires d’une licence de commerçant
- Fourniront les documents au client pour l’immatriculation
- Fourniront à la SAAQ et au MTQ les données recueillies et pertinentes au projet pilote SAAQ/MTQ
- Informeront les clients sur le projet pilote
- Recueilleront des données (ex. : kilomètres parcourus, accidents, incidents, etc.)
- Formeront un comité de suivi et d’évaluation du projet pilote avec des partenaires
- Feront des recommandations à la ministre
Municipalités
- Ont le pouvoir réglementaire pour interdire ou restreindre la circulation des VBV, avec la signalisation appropriée.
Bon le prix du véhicule maintenant ? 16 000$.